dimanche 5 décembre 2010

La noyade d'Ophélie


Ce que j'aime le plus dans la littérature que je lis, c'est l'intertextualité, ces références à d'autres textes dans le texte, emprunts des oeuvres majeures qui nous permettent de nous "souvenir" du patrimoine littéraire mondial, de textes lus et tombés aux oubliettes de notre mémoire!!
Car tout texte est un intertexte, selon Roland Barthès, et , je cite",d'autres textes sont présents en lui en des niveaux variables, sous des formes plus ou moins reconnaissables:les textes de la culture antérieure ou environnante; tout texte est un tissu nouveau de citations révolues"
J'avais lu dernièrement un roman de Manuel Vasquez Montalban, "Ménage à quatre" , l'héroïne du roman s'était noyée, comme l'Ophélie dans Hamlet, et c'est tout un passage de Shakespeare qui est tout simplement transcrit dans le roman, en plus d'une référence au grand peintre qui a immortalisé cette scène sur la toile;
"Il ne fait pas de doute que Carlota avait composé une figure comme celle de l'Ophélie d'Evrett Millais .Plus qu'une noyée, c'est une âme surprise qui essaie de traverser les miroirs des eaux.
Le génie préraphaélite avait transformé en un tableau sentant le post-romantisme la merveilleuse description de la mort d'Ophélie dans la bouche de la mère de Hamlet "Il y a en travers d'un ruisseau un saule qui mire ses feuilles grises dans la glace du courant. C'est là qu'elle est venue, portant ses fantasques guirlandes de renoncules , d'orties, de marguerites et de ces longues fleurs pourpres que les bergers licencieux nomment d'un nom plus grossier, mais que nos froides vierges appellent doigts d'hommes morts. Là , tandis qu'elle grimpait pour suspendre sa sauvage couronne aux rameaux inclinés, une branche envieuse s'est cassée, et tous ses trophées champêtres sont,comme elle,tombés dans le ruisseau en pleurs .Ses vêtements se sont étalés et l'ont soutenue un moment,nouvelle sirène, pendant qu'elle chantait des bribes de vieilles chansons , comme insensible à sa propre détresse, ou comme une créature naturellement formée pour cet élément. Mais cela n'a pu durer longtemps :ses vêtements, alourdis par ce qu'ils avaient bu, ont entraîné la pauvre malheureuse de son chant mélodieux à une mort fangeuse"
Tableau:Ophelia floating, Evrett Millais

3 commentaires:

  1. D'accord avec ce que tu dis Jasmin.
    Pour moi aussi la lecture de certains livres m'en rappellent d'autres et me donnent l'envie d'en relire certains, car un peu perdus au fond de ma mémoire....

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  2. slt Jasmin -j'ai pas vérifié mais "saracha vous as appelé ainsi ;)"-, c'est vrai ce que vous dites a propos de l'intertextualité ? je voudrais dire le plus qu'elle procure au livre, cependant je me demande si ce n'est qu'un signe de la 'décadence' de l'écrivain moderne , car au delà de votre citation de Barthes , dans la littérature moderne l'intertextualité diffère largement de celle qu'on peut distinguer dans un livre du 15 ème ou du 16 ème siècle, n'est ce pas ?

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  3. De tout temps , il y a eu des références à d'autres textes dans les textes, ce n'est ni du plagiat, ni du pastiche, et ça n'enlève rien à la valeur du texte , je pense.

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