mardi 14 février 2012

Rencontre avec la vice-présidente de la banque mondiale

Au terme de sa visite en Tunisie , Mme Inger  Andersen  vice présidente de la banque mondiale responsable de la région Afrique du nord et moyen orient a tenu à rencontrer des blogueurs et des membres de la société civile . Après avoir rencontré les responsables officiels ; Mr Mustapaha Ben Jaafar , président de l'assemblée constituante et quelques membres du gouvernement provisoire , Mr Jebali, Mr Zaouia et Mme Badi , la vice présidente ,très portée sur les nouvelles formes de communication et des réseaux sociaux ,a voulu avoir une vision informelle de la situation en Tunisie et des attentes des tunisiens et c'est aux blogueurs et aux membres des associations qu'elle a pensé .
Mme Andersen, et comme elle l'avait déjà fait lors de la conférence de presse donnée le jour même pour les médias tunisiens, a commencé par exposer le contenu de ses rencontres avec les responsables .Elle a indiqué qu'elle avait eu toutes les assurances de leur part quant aux orientations politiques , à l'instauration de la démocratie et à la transition  du pouvoir .Mme Andersen a indiqué que le rôle de la banque mondiale était d'accompagner cette transition avec une aide économique qui peut aller jusqu'à 500 millions de dollars .
et qui  s'étalera sur deux ans .Cette aide aura pour but de développer trois secteurs essentiels auxquels la banque mondiale attache beaucoup d'importance , à savoir la transparence et gouvernance  , la croissance et le développement des régions défavorisées .
Mme Andersen a ensuite permis à ses invités de s'exprimer , un débat  très enrichissant et en toute franchise  a eu lieu et les blogueurs et membres des associations présentes  ont exposé leur point de vue et  posé des questions pertinentes  .
A la question "est ce que votre aide est conditionnée ; argent contre démocratie , Mme Andersen a souligné que la banque mondiale était une organisation de plusieurs pays et que tous les pays membres n'étaient pas forcément des pays démocrates , mais que  dans les négociations , la banque mondiale essaie toujours d'imposer des "mesures " à suivre  et que l'aide sera échelonnée suivant la mise en application de ces mesures .Et Mme Andersen d'ajouter que la banque mondiale ne se posait en aucun cas en donneuse de leçon , mais que implicitement , ses responsables véhiculent le message que la démocratie et la transparence sont les conditions sinéquanone de la  croissance et du développement .
Un blogueur a soulevé le problème de la dette odieuse et Mme Anderen a répondu que la Tunisie n'avait aucun intérêt à demander l'abolition de sa dette , et qu'elle devait y réfléchir à deux fois à ce sujet  car les emprunteurs n'accorderont plus de prêts et que la Tunisie y perdrait plus qu'elle ne gagnerait .La vice présidente a toutefois assuré que la dette de la Tunisie n'était pas énorme et qu'un bon développement de l'économie, elle pourra vite venir à bout de cette dette .
Les blogueurs ont aussi soulevé le problème de la sécurité , et  indiqué qu'un climat d'insécurité n'était pas favorable à l'investissement et Mme Andersen était totalement d'accord et a dit qu'elle a eu toutes les assurances de la part du gouvernement sur ce volet .
Le blogueurs et les membres des associations ont exprimé leurs inquiétudes quant à la tournure que la constitution pouvait prendre avec la prépondérance des islamistes , Mme Andersen leur a expliqué que c'était leur rôle à eux de faire la pression pour garantir une constitution qui respecte les valeurs des droits de l'homme et qui  garantit les libertés


Allons -nous vers une Iranisation de la Tunisie

Sur une vidéo de nawaat , monsieur Mohamed Pournik , chef du groupe de lutte contre la pauvreté aux nations unies  dit que lors de sa visite en Tunisie en février 2011, il s'était sentit comme à Téhéran en 1980.A la question "pensez-vous que la Tunisie deviendrait une république islamique , Mr Pournik répond par la négative , en argumentant que la Tunisie de nos jours est à peu près au même stade de développement que l'Iran d'aujourd'hui et non de l'iran d'il y a trente ans , que le niveau d'éducation est très élevé en Tunisie , et que les acquis sociaux étaient  déjà considérables sous le régime totalitaire de Ben Ali .
Et monsieur Pournik d'ajouter que les membres du parti Ennahdha sont assez "ouverts et assez  impliqués dans le monde nouveau "qui lui rappellent des personnalités religieuses iraniennes assez modérées  , qui ont étté par la suite écartées du pouvoir .Mr Pournik prend l'exemple de l'obligation de porter le voile Pour les iraniennes  qui n'a été imposée qu'après le départ des modérés .
Tout parallèle entre la révolution iranienne et celle de la Tunisie relève de l'aberrance , cependant , il existe certaines similitudes non négligeables et ce n'est pas pour rien que les Américains et en particulier les Républicains ont comparé l'intervention d'Obama en ce qui concerne le printemps arabe à celle de Jimmy Carter pour la révolution iranienne .
Ces similitudes, ,on peut les voir dans les comportements étrangers à la société tunisienne, et qui se prolifèrent à une vitesse vertigineuse , ces mêmes similitudes qui ont été décelées dans le film franco Iranien de Marjane Satrapi, Persépolis,qui lui aussi , et indépendamment de l'atteinte au sacré pour laquelle la chaîne qui l'avait diffusé a été attaquée , a beaucoup dérangé !!
On peut alors se poser un tas de questions: Sommes -nous en face d'une "Iranisation" de la société tunisienne ?
 Les "modérés" d'Ennahdha seront-ils réellement capables de traverser ce cap vers une vraie démocratie qui garantit les droits , tous les droits, où vont-ils céder aux pressions des plus radicaux ?
Sauront-ils maîtriser ces appels de plus en plus insistants d'une partie de leur base électorale qui exige l'application de la Chariaa, et tente de l'appliquer  manu militari ?
Le religieux  prend, de jour en jour , une grande place dans la société tunisienne; tenues vestimentaires,barbes qui poussent , prières dans la rue , émissions télévisées , prêches dans les mosquées mais aussi dans les cafés et les transports en commun ,conférences de Cheikhs salafistes, mariages coutumiers contractés en toute illégalité mais aussi en toute impunité  et j'en passe ...
Cette tentative de "ré-islamisation" des moeurs , de remodelage d'une société encrée dans le modernisme depuis plus d'un demi siècle dérange plus d'un , mais ne représente vraiment pas un réel danger tant qu'elle n'est pas institutionnalisée .Le jour où elle le sera , , il en sera tout à fait autre chose !!




lundi 6 février 2012

للكعبة ربٌّ يحميها Ou quand le premier ministre se prend pour un prophète

 En l'an 568 quand Abraha  le roi éthiopien a marché sur la Mecque avec une troupe d'éléphants dans le but de la détruire ,le grand père du prophète, Abdul Mottaleb , haut dignitaire et gouverneur de la cité avait dit sa célèbre phrase "Je protégerai le cheptel , quant à la Kaaba , elle a un dieu qui la protégera "


La déclaration de Mr Jebali sur shems FM à propos des ressortissants tunisiens  en Syrie et dans la quelle il dit que Dieu les protégera nous montre encore une fois que ceux qui nous gouvernent ne font pas la différence entre la foi et la loi, entre le sacré et le profane, entre le devoir et la croyance , entre l'état et le parti !!
La formule utilisée est en elle même très courante dans le dialecte tunisien , certains l'utilisent même sans en connaître le vrai sens , comme les supporters des équipes de football.
Mais quand on y voit de plus près , il y a matière à s'inquiéter !! 
En effet , Mr le premier ministre fait montre d'une grande irrationalité !! Si nous commençons à implorer l'intervention divine pour toutes les plaies de la nation (chômage , crise économique ,santé publique ,zones rurales sous développées ...) nous n'en résoudrons aucune , et nous nous mettrons à attendre que des miracles s'opèrent !! Les jours nous montreront donc si la prophétie de Mr Jebali aura lieu en ce qui concerne les tunisiens vivant en Syrie qui n'ont été abandonnés à la volonté divine que par une trop grande irresponsabilité !!